jeudi 22 décembre 2011

Désabilitation émotive

À sous-estimer son ennemi on finit par baisser sa garde. Que faire quand l'on est son meilleur allié en plus de son pire ennemi? Comme la lune, un côté dans la lumière, exposé à la vue de tous et le "Dark side of the moon", noir, froid, insoupçonné et caché. C'est dans la noirceur que les étoiles sont les plus brillantes... elles sont aussi à des années lumière, intouchables... des soleils mourants. La lune ne peut se dissocier de son côté sombre, malgré qu'il soit ignoré de tous. Lorsque la côté sombre est exposé, le côté lumineux prend sa place et devient the dark side, une valse, un changement de rôle infini.

Le pronostic tomba comme un couperet... Je suis tout ce que je déteste... Je suis un problème de permanence de l'objet, un attachement fuyant, l'animal qui mord la main qui le nourrit, un vide... Le cœur se sentant vide comme un trou noir, s'emplissant des êtres gravitant à proximité, et demeurant constamment vide, pour toujours affamé. Ma personnalité est malade, en fait mal adaptée. Suis-je celle que je crois être ou celle que j'évite d'être?  Pour un trou noir, est-ce excusable d'anéantir tout ce qui gravite à proximité? Peut-il faire autrement?

La peur du rejet, la peur du mal, la peur de la peur. Si présente qu'on fait mal pour être rejeter et se rassurer en se disant qu'on le savait bien et que c'est toujours comme ça. L'attachement désabilité qui fait mal, qui rejette pour constamment tester. Puis réaliser la désolation tout autour... causée par soi, en tentant de l'éviter. Dois-je m'isoler pour ne pas blesser... ou est-ce encore un tour du côté cachée de ma lune, qui craignant le rejet, rejette en premier? Est-ce vraiment une émotivité malade ou simplement ce que je suis? Je suis tout ce que exècre dans la nature humaine... tout ce que je ne voulais pas être et que j'ai toujours été. Si je fuis pour ne plus faire mourir les étoiles, est-ce lâche? S'éteindront-elles quand même? Je me sens comme un kamikaze n'ayant pas compris sa mission. Je fais exploser mes alliés et nourris mes ennemis. Je suis l'animal malade qui mord la main qui le nourrit, dois-je m'euthanasier? 

L. B.

vendredi 2 décembre 2011

Dialogue de sourds

T. - Comment vas-tu?
P. - Mal, pire que jamais.
T. - Ah oui? Génial, moi aussi je vais mieux que jamais, c'est beau la vie non?
P. - Vois mes cicatrices, ma souffrance est gravée sur mon enveloppe.
T. - Je sais, la météo nous gâte, tu as raison.
P. - ... (Même mes mots sont invisibles).
T. - Comment se passe la grossesse de ta femme?
P. - Elle a fait une fausse couche et m'a quitté.
T. - C'est inspirant, votre amour me donne espoir. Vous savez le sexe?
P. - Sexe? Je peux même pas te l’épeler tellement ça fait longtemps.
T. - Vous attendez pour avoir une surprise? C'est excitant de vivre dans l'anticipation du moment. Je t'envie, je suis trop bonne, c'est pour cette raison que je me fais toujours blessée, DRAMATIQUE ma vie, j'te dis.
P. - M... ...
T. - Coupes moi pas, j'ai besoin que tu comprennes que c'est pas tout le monde qui a la vie facile comme toi. T'es belle, intelligente, heureuse en couple... Donc arrêtes de me faire chier avec ton bonheur de film américain.
P. - T'as raison, ma vie est une comédie avec des mauvais acteurs, doublée d'un scénariste qui a mélangé les pages. Mon histoire commence par le milieu, termine par le début.... entre les 2, une histoire qui ne m'appartient pas et où j'observe avec impuissance ma vie qui est celle d'un autre.
T. - Pourquoi tu as une vie à la sauce conte de fée et moi à la Bridget Jones? Pourquoi moi? Ton air satisfait me fait chier. Bon toé pis ta vie parfaite avez ruinées ma journée. Je vais vider une boite de biscuits et vomir toute la soirée.
P. - Au moins t'as des biscuits, j'ai pas mangé depuis 2 jours.
T. - Bon tu veux me rabaisser... encore! En parlant de tes festins que tu te paies avec ton salaire de fou? De plus, JE n'y suis jamais invitée! C'est quoi déjà ton job?
P. - J'ai perdu mon job... ma femme est partie avec mon patron.
T. - Ah oui... ça me revient là. Tu travailles dans la finance. MOI, un job comme ça, JE ne serais pas capable.... ça étoufferait ma créativité. J'ai besoin de calme et de solitude, pas d'être entourée de gens qui s'écoutent parler.
P. - La finance? Je travaillais pour la compagnie familiale, qui a été vendue à l'associé de mon père, celui qui est partie avec ma femme. Sans diplôme je trouve aucun emploi, ma vie est fichue.
T. - Bon bon, arrêtes de me faire chier avec tes petits problèmes et ton gros criss de bonheur. T'es pas seule sur terre... par exemple il y a MOI! Incomprise, pas écoutée, seule au monde... je suis une victime. Anyways, tu t'écoutes parler, je te laisse avec ta vie parfaite et m'en vais pleurer mon drame, SEULE, chez-moi.
P. - ... (Je dois absolument me trouver un guide pour communiquer... j'y comprends rien à ce dialogue de sourds)

Dialogue de sourds vous dites? Taisez-vous et écoutez... vous verrez que c'est tout simplement la communication moderne(unidirectionnelle). Comme ma belle Mary a cité:
'' Dans le vacarme de vos plaintes, vous n'entendez pas les autres pleurer...''
 Au départ j'avais écris une conversation beaucoup plus cru, je me suis auto-censurée. Il faut parfois se modérer si on veut que notre message soit écouté.
Votre toute dévouée Lyne Border 
N.B. Je sais que Tati vous manque... elle souffre de démence temporaire et sera de retour dès que sa démence permanente sera rétablie.